T'imagines tu dans une auto, siège arrière, tranquillement roulant sur une petite route bordée de champs s'étendant à perte de vue. Tu te sens restreinte, comme on presse un agrume. Tu ne te sens pas vraiment à ta place, personne ne te tient, à personne n'es tu accrochée. Tu sais que, quoi qu'il arrive tu n'as pas énormément à laisser, mis à part la musique, qui t'obsède, et ta vie bien sur, car tu sais que ces moments de tristesse ne forgent que ton adolescence. Tu sais que tout retombera lentement, et que tu te sentiras bien joyeuse. Tu n'es pas depressive ou autre sottise dont on peut croire que tu veuille l'être. Tu ne te souhaite pas de peine supplémentaire, malgré que tu es le temps, eh oui le temps, tu n'as que cela. Tu t'ennuies dans ta chambre, tu penses à la seule chose qui t'anéantirai pour toujours, si celle-ci se produisait. Tu as peur, seule dans le noir, ou le soir tard, quand personne n'est là pour te protéger, te guider dans la pénombre. Tu veux changer de tout, ou juste commencer, un petit bout que tu n'as pas assez bien réussie. Tu caches bien tes papiers, tous ces mots qui ne paraîtront jamais, par peur, peur de tout. Et tu es toujours dans le véhicule, qui continue sans doutes quelconques, son chemin si bien indiqué. Tu te sens vide. Tu ne ressens plus rien. Tu ne sais pas à quoi songer. Tu ne veux pas dormir. Tu n'aimes pas dormir, il y a du monde autour. Tu as simplement peur de louper quelque chose ; une blague, une discussion intéréssante. Tu vois à quel point ton ennui instantané se dévoile. BAM!
Le néant. Tu sens ton esprit noircir, s'endurcir. Tu es comme un bloc de béton. Ce fut le plus beau choc. Tu as enfin la chance que tu espèré toutes ces nuits. Mon Dieu, quel soulagement. Tu es épanouie. Tu ne ressens plus rien. Tu es complètement vide. Comme il y a quelques courts instants, mais là c'est différent, c'est plus profond, c'est une joie sans fin. Tu souffres, physiquement tu as mal. C'est normal, c'est l'accident. C'est la voiture, celle d'en face, elle a juste enfoncer légèrement l'avant du véhicule. Ta portière est entièrement cabossée, définit du panneau, s'étant planté dans ta hanche. Voilà d'où vient la douleur. Ta tête aussi, tu sens comme des tambours qui retentissent en ton intérieur. Tu es tellement ravie, tu ne sens presque plus le sang chaud qui glisse le long de ton cou, tordu. Tu ne sens presque plus la vive douleur qui te vient de la hanche, ni l'atroce odeur d'essence qui te monte au nez. En effet, tu es inconsciente. Tes sens marchent parfaitement, tu vois, sens, ressens, ouie chaque chose autour de toi. Seule ton être reste inerte. Tout le monde va bien, tu le souhaité évidemment dans ton espoir irréfléchie, personne ne devait partir avec toi. Tout est en faite comme tu l'avais rêvé, n'est ce pas merveilleux? Oui, oui ça l'est. C'est somptueux, une telle réussite. Tes lèvres donnent l'impression de se crispées en un sourire. Tu ne ressens rien de très violent, tu es ensevelie dans un nuage infini de doux coton. Personne n'a jamais eu cette sensation, personne ne l'aura jamais. Elle est unique, tu es unique. Ce moment est tout à fait unique. Savoure, savoure ta triomphale victoire. Elle aussi est unique. Tu n'as plus rien a regretté, comme tu l'avais redouté. Puisque tout s'est déroulé comme tu l'avais soigneusement préparé, mentalement. Ou peut-etre oublies-tu une chose, pourtant essentielle. As-tu pensé à la souffrance, la véritable qui te fais devenir fou, celle dont tu ne pourras jamais te débarrassé, celle que tu procurerait aux peu de personnes qui t'aiment? Celles qui t'aiment, pour te suivre dans cette tragédie, si seulement tu leur avais laissé le choix de se joindre à toi. Heureusement tu ne l'as pas fait. Mais tu laisses plusieurs personnes dans une profonde douleur, d'où tu ne ressors qu'avec d'abominables songes hantés, et pour les plus malchanceux, d'où tu ne ressors jamais. Oui, tu y a pensé à cela. Tu as en faite bien réffléchie. Tu as décidé de rester sous le chao de l'existence, ignorante, lâche, courageuse, forte, d'avoir pu y aller. Mais tu reste une lâche, tu reste fuyante devant tant d'ennuis. C'est très peu, tu t'en rends bien compte. Mais tu vas tout de même revenir, quand tu auras décidé que le temps t'appelle, qu'il hurle ton nom de ne plus le combattre. Il te trompera, te mentira, et te gachera peut-être tout. Mais il reste le temps, et sous ton nid d'ignorance tu ne t'aperçois pas que sans toi, il est malheureux, malheureux de se battre contre des vrais courageux, qui le défieront, mais qu'il abattra toujours. Et je trouve, que tu as eu bien raison, de partir loin d'ici, car à ta place j'aurais fait la même chose, peut-être une erreur, ou une délivrance d'âme. Et je l'ai fait, j'ai fait tout ce que tu viens de m'écrire, parce que c'est à moi-même que j'écris. J'écris mes plus profondes envies, celles qui ne se réaliseront peut-être jamais. Et je suis bien consciente maintenant, que celle-ci est l'une des plus terrifiante.